Prendre des notes au lycée : les 4 méthodes qui fonctionnent
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La prise de notes, cet art ancestral pratiqué par tous les lycéens et les étudiants depuis la nuit des temps : on peut retracer la galère des notes étudiantes jusqu'en Egypte antique. A l'époque, des tablettes enduites de gesso, effaçables et réutilisables, portaient déjà des notes de prof en rouge.
On te donne nos astuces pour prendre des notes au lycée et t’éviter de te transformer en momie le jour de l’examen parce que tu n’auras pas su relire tes notes lors de tes révisions.
En bref : Quelle méthode de prise de notes choisir au lycée ?
Plusieurs méthodes de prise de notes existent, et chacune répond à un problème précis. La méthode Cornell structure la page pour faciliter la révision. La prise de notes visuelle aide à rester concentré quand l'attention décroche. La méthode du tableau simplifie les cours qui comparent plusieurs éléments. La méthode des flux capte la logique d'un raisonnement plutôt que ses mots exacts, utile quand le prof enchaîne trop vite pour tout noter. Le bon réflexe : tester chaque méthode sur un cours différent avant de choisir celle qui colle à ta façon de travailler, avec du matériel d’écriture simple et adapté.
La méthode Cornell pour structurer sa prise de notes
Tu connais peut-être Walter Pauk, ce prof de Cornell qui a donné naissance à la méthode Cornell, mais ce que tu ne sais sûrement pas, c'est qu'il a écrit tout un livre nommé How to Study in College qui donne beaucoup de conseils sur comment améliorer ta prise de notes et la rétention d'information.
Tout d'abord, connais le cours. En début d'année, jette un œil aux chapitres de ton manuel, comme ça, quand le prof dira « aujourd'hui, on va parler de l'assassinat de François-Ferdinand », tu sauras que la première guerre mondiale est au coin de la rue. Tu auras en tête les implications de ce chapitre et ton cerveau sera déjà branché sur la connexion entre les différents points.
La méthode elle-même repose sur une page divisée en quatre zones, chacune avec un rôle précis :
- - En haut de page : le titre du cours et la date. Un détail qui paraît anodin, mais qui évite de perdre dix minutes à chercher le bon cours trois semaines plus tard.
- - La colonne de gauche, plus étroite : les mots-clés, les dates importantes, les questions qui pourraient tomber à l'interro. Cette colonne se remplit surtout après le cours, en relisant la partie de droite.
- - La grande zone de droite : le cours en lui-même, tel qu'il se déroule. C'est là que tout se joue pendant l'heure de cours.
- - Le bas de page : un résumé de quelques lignes, écrit avec ses propres mots, une fois le cours terminé.
Concrètement, pour un cours d'histoire sur les origines de la première guerre mondiale :
- la colonne de gauche pourrait contenir « Causes profondes ? » et « Alliances en jeu »,
- la zone de droite les explications du prof sur l'assassinat de François-Ferdinand et le jeu des alliances,
- le bas de page une phrase du type « Un assassinat déclenche la guerre parce que les alliances militaires transforment un conflit local en conflit européen ».
Cette structure oblige à se poser des questions sur ce qu'on vient d'écrire, ce qui revient à réviser un peu à chaque cours plutôt que de tout découvrir en bloc la semaine du contrôle. A noter tout de même : une étude de 2013 a comparé des lycéens formés à la méthode Cornell à d'autres qui ne l'étaient pas. Les premiers prenaient effectivement de meilleures notes, mais leurs résultats aux contrôles n'étaient pas plus élevés pour autant. La méthode reste un outil d'organisation, pas une garantie de résultats à elle seule.
Les outils pour la méthode Cornell
Pas besoin de tracer les zones toi-même à chaque cours. Le cahier à spirales Notebook Oxford, réglure type Cornell a directement la mise en page en 4 zones intégrée, prête à l'emploi dès le premier cours.
La prise de notes visuelle pour rester concentré en cours
Créativité et compréhension peuvent aller de pair. La prise de notes visuelle (ou visual notetaking pour les anglophones) est une méthode qui combine prise de notes et dessin. Cette méthode permet de simplifier des concepts, de rester impliqué dans la leçon et donc de mieux retenir. Elle convient surtout si tu sens souvent ton esprit vagabonder au milieu d'un cours de philo ou que tu gribouilles des pâtés sur ton cahier au lieu de noter quoi que ce soit.
Un nom qui revient le souvent sur ce sujet, c'est celui d'Austin Kleon. Cet auteur américain, connu pour son livre Steal Like an Artist, dessine ses notes depuis qu'il a découvert la facilitation graphique en 2006, en conférence, en lisant un livre, et même pendant un film. Il appelle sa pratique du « journalisme en dessin » : il écoute les idées qui valent le coup d'être retenues, puis les transforme en petits schémas accompagnés de quelques mots, plutôt qu'en phrases complètes.
Le point intéressant pour qui pense ne pas savoir dessiner : Kleon lui-même n'a pas de formation d'artiste. Quand on lui demande des conseils pour débuter, il ne recommande pas des cours de dessin, mais des livres pensés justement pour les gens qui pensent ne pas savoir dessiner. Par exemple, The Back of the Napkin de Dan Roam ou Make a World d'Ed Emberley, deux ouvrages qui enseignent à représenter une idée avec des formes simples (un rond, un triangle, une flèche) plutôt qu'avec un vrai coup de crayon. Concrètement : si Austin s'en sort avec des ronds et des flèches, tu n’as pas besoin d’être Michel-Ange pour retranscrire ton cours de physique.
Concrètement, ça ne veut pas dire dessiner à la place d'écrire. Ça veut dire remplacer certains mots par des symboles rapides à tracer : une flèche pour une conséquence, un petit soleil pour un point positif, un cadre autour d'une définition à retenir par cœur. En SVT, un schéma de la photosynthèse pris en direct pendant le cours contient souvent plus d'informations qu'une page de texte sur le même sujet, parce que le sens des flèches (lumière qui entre, oxygène qui sort) porte une partie de l'explication à lui seul. En philosophie, entourer une thèse et relier ses arguments par des traits donne une carte du raisonnement du prof, utile au moment de rédiger une dissertation sur le même sujet.
Cette approche rejoint d'ailleurs les principes de la lecture active : sélectionner l'essentiel, reformuler avec ses propres mots ou ses propres images plutôt que de tout recopier.
Les outils pour la prise de notes visuelle
Les fiches uni blanc Révision 2.0, sans quadrillage, laissent la place à un schéma ou une frise. Pour la collection cahiers Oxford te permet de profiter d’un papier assez épais pour accueillir des feutres sans transparence de l'autre côté de la page. Quelques feutres fins de couleurs différentes aident aussi à distinguer d'un coup d'œil une définition, un exemple et une conséquence.
La méthode du tableau : pour comparer sans se perdre
Face à un cours qui compare deux éléments (causes et conséquences, avant et après, un auteur contre un autre), la phrase continue devient vite illisible. La méthode du tableau consiste à diviser la page en colonnes avant même que le cours commence, une colonne par élément à comparer.
Résultat : la structure du cours devient visible d'un coup d'œil, et la relecture avant un contrôle est presque immédiate puisque la comparaison est déjà faite au moment de la prise de notes.
Quelques exemples concrets par matière :
- - En histoire-géo, une colonne par période ou par pays, avec les mêmes lignes de lecture pour chacune (contexte, acteurs, conséquences). Un cours sur les régimes totalitaires des années 1930 se prête particulièrement bien à ce format, une colonne pour l'URSS, une pour l'Allemagne nazie, une pour l'Italie fasciste.
- - En SVT, une classification d'espèces ou une comparaison de fonctions cellulaires tient beaucoup mieux en colonnes qu'en texte continu.
- - En langues, comparer deux temps verbaux ou deux structures grammaticales colonne contre colonne évite de mélanger les règles.
- - En philosophie, opposer deux thèses sur une même question (par exemple la liberté selon deux auteurs) dans deux colonnes distinctes aide à préparer une dissertation qui devra justement les confronter.
Le seul vrai piège : cette méthode demande de savoir à l'avance que le cours va comparer des éléments, ce qui rejoint le premier conseil de Walter Pauk, celui de connaître le plan du chapitre avant le cours.
Les outils pour la méthode du tableau
Une réglure petits carreaux aide à garder des colonnes droites sans avoir besoin d'une règle. Le cahier à spirales Nomadbook B5 a une zone d'en-tête et une marge déjà pensées pour ce type d'organisation.
La méthode des flux : pour suivre un cours qui va trop vite
Cette méthode vient de Scott Young, connu pour avoir suivi seul, en un an, l'équivalent du programme d'informatique de quatre ans du MIT. Sa méthode de prise de notes, qu'il appelle flow-based notetaking, part d'un constat simple : plus on essaie de tout noter mot pour mot, moins on comprend ce qui se dit pendant qu'on l'écrit.
Le principe change complètement la logique de la méthode Cornell ou du tableau, qui reposent toutes les deux sur une structure fixée avant le cours. Ici, la page se remplit librement, au fur et à mesure que le raisonnement du prof avance : une idée au centre ou en haut de la page, puis des idées liées qui s'ajoutent autour, reliées par des flèches selon la logique du cours (une cause qui entraîne une conséquence, une notion qui en explique une autre). Il n'y a pas de colonnes à respecter, seulement les connexions réelles entre les idées, dans l'ordre où elles apparaissent dans ta compréhension du cours.
Trois réflexes résument la méthode :
- 1. Reformuler tout de suite, avec ses propres mots, plutôt que copier une phrase du prof. L'objectif n'est pas d'archiver ce qui est dit, c'est de comprendre en écrivant.
- 2. Relier plutôt qu'empiler. Une flèche entre deux idées vaut souvent plus qu'une phrase entière pour montrer un lien de cause à effet.
- 3. Accepter de rater des détails. Cette méthode privilégie les grandes idées et leurs connexions, pas l'exhaustivité. Un détail manqué peut se retrouver dans le manuel ou auprès d'un camarade après le cours.
C'est probablement la méthode la plus utile quand le prof enchaîne les idées à toute vitesse, en particulier en philosophie où suivre l'enchaînement d'un raisonnement compte plus que retenir chaque exemple, ou en cours d'histoire quand plusieurs causes s'imbriquent (un contexte économique qui alimente une tension politique qui débouche sur un conflit, par exemple).
Les outils pour la méthode des flux
Cette méthode a besoin d'espace dans tous les sens, pas seulement vers le bas de la page comme une prise de notes linéaire. Une feuille au format A4 sans lignes ni carreaux fonctionne mieux qu'un cahier très structuré, pour pouvoir démarrer une nouvelle idée n'importe où sur la page.
Quelques réflexes qui marchent avec toutes les méthodes de prises de notes
Quelle que soit la méthode de prise de notes choisie, certains réflexes font gagner du temps sans effort particulier :
- - Toujours dater et titrer chaque page. Ça paraît évident, mais c'est justement ce qu'on oublie en premier quand le prof commence à parler avant qu'on ait fini de sortir son cahier.
- - Laisser une marge ou un espace vide régulier. Un passage manqué, une question qui surgit en cours de route, une précision à ajouter après coup : tout ça a besoin d'une place déjà prévue plutôt que d'être coincé entre deux lignes.
- - Garder le même code couleur pour une matière donnée. Le cerveau repère plus vite une information s'il sait déjà à quoi s'attendre en ouvrant le cahier.
- - Ne pas viser l'exhaustivité. Se concentrer sur ce que le prof répète, écrit au tableau ou souligne à l'oral. Le reste se retrouve dans le manuel.
- - Comparer ses notes avec un camarade une fois par mois. C'est souvent là qu'on découvre qu'on a noté deux versions différentes de la même explication, et une seule des deux a raison.
Questions fréquentes sur la prise de notes au lycée
Faut-il prendre ses notes sur ordinateur ou sur papier au lycée ? Le papier garde un avantage pour la mémorisation : écrire à la main force à reformuler avant de noter, donc à comprendre. L'ordinateur va plus vite, mais pousse souvent à copier mot pour mot, ce qui limite le tri des idées importantes. La méthode des flux en particulier perd beaucoup de son intérêt sur ordinateur, la liberté de placer une idée n'importe où sur la page étant difficile à reproduire avec un clavier.
Comment prendre des notes en histoire-géo au lycée ? Le format tableau fonctionne particulièrement bien pour cette matière, où les repères chronologiques et les comparaisons reviennent sans cesse. La prise de notes en histoire-géo au lycée gagne aussi à laisser une colonne libre pour les cartes et schémas donnés en cours.
Comment prendre des notes en philo au lycée ? La philo demande de suivre un raisonnement plutôt que de retenir des dates. La méthode Cornell est adaptée pour les cours qui suivent un plan annoncé à l'avance, la méthode des flux pour les cours qui enchaînent les objections et les nuances à un rythme plus difficile à anticiper.
Comment prendre des notes en SVT au lycée ? Les schémas de processus (cycle cellulaire, photosynthèse, digestion) se prêtent particulièrement bien à la prise de notes visuelle. Les classifications et comparaisons d'espèces ou de fonctions passent mieux en tableau.
Que faire si on a manqué un passage du cours ? Laisser un espace vide ou un symbole repère à cet endroit précis, puis compléter avec un camarade ou le manuel après le cours. Chercher à se souvenir sur le moment fait perdre le reste de ce que dit le prof.
Faut-il recopier ses notes au propre le soir ? Relire ses notes dans les 24h qui suivent le cours suffit largement. La relecture active, se tester sur le contenu plutôt que le survoler, fonctionne mieux qu'une copie mécanique.
La méthode des flux convient-elle à tout le monde ? Elle convient surtout à ceux qui trouvent les méthodes structurées trop rigides ou qui perdent le fil en essayant de tout transcrire. Pour un cours très factuel avec beaucoup de dates ou de formules à retenir précisément, la méthode Cornell ou le tableau restent plus sûrs.
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